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Craniopharyngiome de l'adulte

Le Craniopharyngiomes est une tumeur rare

Le craniopharyngiome représente environ 2 % des tumeurs cérébrales et jusqu’à 10 % chez l’enfant. On lui connait deux pics de survenue : entre 5 et 14 ans (forme pédiatrique) et entre 50 et 70 ans (forme adulte).
Le service de neurochirurgie du Pr DUFOUR à la Timone assure la prise en charge de tous les types de craniopharyngiomes de l'adulte en étroite collaboration avec les équipes d'endocrinologie du CHU de la Conception ou siège le CRMR HYPO.

La découverte d'un craniopharyngiome ne signifie pas obligatoirement qu'une intervention chirurgicale sera nécessaire peu après le diagnostic. Lorsque la tumeur est asymptomatique, ou pauci-symptomatique (c'est à dire qu'elle provoque peu de symptômes, ou des symptômes que l'on aprvient à traiter avec une suplémentation hormonale, la surveillance clinique et radiologique sera proposée plutôt qu'une intervention d'emblée

Les symptômes possibles et les examens diagnostics

Tout d'abord, au vu de la multiplicité des IRM cérébrales réalisées chaque jour pour des symptômes divers, un craniopharyngiome, comme tout au autre pathologie bénigne intracrânienne peut être découvert par hasard. 

Les manifestations et symptômes qui peuvent révéler un craniopharyngiomes sont classés selon 3 catégories et varient selon la taille et la localisation de la tumeur :

Troubles visuels : baisse de l’acuité visuelle et/ou ou rétrécissement du champ visuel, ou simplement impression de gêne visuelle. Au moment du diagnostic, même si le patient n'allègue aucun trouble visuel, un examen ophtalmologique sera réalisé.

Déficit hormonal : fatigue, prise de poids, troubles du sommeil, baisse de la libido, soif excessive

Céphalées (maux de tête) et autres : du fait de son développement parfois au contact de la méninge de la base du crâne, le craniopharyngiome peut provoquer des maux de tête. Dans les cas de craniopharyngiomes volumineux, la tumeur peut bloquer la circulation du liquide cérébrospinal, provoquant une hydrocéphalie (accumulation de liquide dans le cerveau), dont les maux de tête sont un des premiers sympômes.

Une consultation avec un endocrinologue, un bilan sanguin endocrinologique, un bilan visuel, une évaluation diététique, un scanner cérébral et une IRM cérébrale sont les examens qui seront réalisés dès le diagnostic afin de définir la meilleure stratégie de traitement.

Prise en charge multidisciplinaire du Craniopharyngiome

La décision thérapeutique est discutée lors d’une réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP) réunissant neurochirurgiens, endocrinologues, ophtalmologistes, neuroradiologues, et radiothérapeutes.
Dans certains cas, une surveillance initiale est proposée lorsque la tumeur est stable ou peu symptomatique.

Lorsque le craniopharyngiome est évolutif ou entrainant des symptômes que l'on pense pouvoir enrayer ou rétablir par une intervention chirurgicale, une intervention neurochirurgicale pourra être proposée.

La chirurgie du craniopharyngiome à la Timone

La chirurgie a pour objectif de retirer la tumeur tout en essayant de limiter le traumatisme chirurgical de la tige hypoophysaire et de l'hypothalamus.
Selon la localisation, l’intervention se fait par voie endonasale endoscopique, une approche mini-invasive qui permet d’accéder à la tumeur par les fosses nasales, ou dans certains cas, par voie transcrânienne.

Ces tumeurs doivent être traitées par des neurochirurgiens spécialisés dans la prise en charge des pathologie hypophysaires, les plus fréquentes étant les adénomes hypophysaires, disposant de l’expérience et de la maitrise de l’ensemble des techniques chirurgicales qui permettent de les atteindre, soit par voie transphénoïdale, soit par voie intrcrânienne. 

    Cette chirurgie délicate est assurée par l'équipe le Pr DUFOUR et le Pr GRAILLON, dont l’expertise dans les tumeurs de la région sellaire et suprasellaire est reconnue internationalement. L'objectif est d’obtenir la meilleure résection possible, tout en réduisant les risques de séquelles endocriniennes ou visuelles.

    Le Pr DUFOUR, à Marseille, au CHU Timone, fort de son expérience en endoscopie hypohysaire, fut dès le début des années 2000 un pionnier de la voie d'abord endonasale étendue pour les craniopharyngiomes. Le service de neurochirurgie de la Timone fut le premier en France à proposer cette voie d'abord dite "transphénoïdale étendue" alors qu'elle était balbutiante dans d'autres centres de références de part le monde et inexistante dans notre pays.  Actuellement, plus de 80% des craniopharyngiomes de l'adulte peuvent être opérés par voie endonasale. La grande expérience du service dans le domaine de la pris en charge des craniopharyngiomes permet de proposer la prise en charge la mieux adaptée à chaque patient. 

    Traitements complémentaires

    Après la chirurgie, une prise en charge endocrinologique spécialisée est indispensable pour dépister et traiter d’éventuels déficits hormonaux. L'intervention chirurgicale est suivie d'un séjour en endocrinologie ou les éventuels déficits hormonaux sont évalués et corrigés par l'adjonction d'hormones de substitution.
    En cas de reliquat tumoral ou si une récidive apparait, une radiothérapie ciblée peut être envisagée pour stoper l’évolution de la tumeur. Elle n'est pas systématique, même si un reliquat tumoral est présent.

    Grâce à la coopération entre les services de neurochirurgie, d’endocrinologie, de neuroradiologie et de radiothérapie, chaque patient bénéficie d’un suivi personnalisé au sein d’un réseau hospitalo-universitaire de référence.

    La recherche et les thérapies ciblées dans le Craniopharyngiome

    Chaque tumeur retirée fait l'objet d'une analyse anatomopathologique très poussée. Parallellement des petits fragments de ces tumeurs, sont acheminés vers nos laboratoires de recherche au sein d'AMU (Aix Marseille Université) car les études moléculaires et des différents recépteurs exprimés par les craniopharyngiomes laisse espérer que des traitements médicamenteux permettraient d'en contrôler la croissances en évitant une intervention chirurgicale. 

    Aujourd’hui, la recherche sur le craniopharyngiome se structure surtout autour de ses deux sous-types

    Le craniopharyngiome papillaire exprime la mutation BRAF, ce qui a ouvert la voie aux inhibiteurs de BRAF + MEK (dabrafenib + trametinib). Plusieurs cas et revues récentes rapportent des réductions tumorales majeures avec ces traitements. Le sous type papillaire ne représente que 15 à 20% des craniopharyngiomes de l'adulte - il n'existe pas chez l'enfant. L'espoir d'un traitement médicamenteux "néoadjuvant" pouvant éviter l'intervention, se heurte au fait qu'il n'existe aucun moyen infaillible de porter le diagnostic sans disposer d'un fragment de tumeur, obtenu par l'intervention. Des espoirs de mettre en route un traitement sans preuve histologique  lorsqu'il existe une forte suspiscion de craniopharyngiome papillaire (age > 35 ans, absence de calcification) sont en cours de reflexions au sein de nos équipes. Un protocole d'étude est en cours d'élaboration.

    Le craniopharyngiome adamantin bien plus fréquent est lié à des anomalies de la voie β-caténine/CTNNB1 et à un microenvironnement inflammatoire. Les approches ciblées explorées visent notamment l’axe IL-6 : tocilizumab (anti-IL-6R). Il a fait l’objet d’essais cliniques et d’approches intrakystiques pilotes, avec des résultats encore limités. 

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